Promenons-nous dans l’IA
Troubles anxieux et utilisation de l’IA chez les jeunes français
À partir du rapport Ipsos bva / Vyv / CNIL sur les usages de l’IA chez les jeunes Européens, mars 2026
Parmi les jeunes qui souffrent d’une suspicion de trouble anxieux généralisé, l’outil d’IA est l’interlocuteur avec lequel il est le plus facile de parler de ses problèmes. Pour l’ensemble des jeunes interrogés, l’IA arrive en troisième position, derrière les amis et les parents. Mais dès lors qu’on isole les profils les plus anxieux, elle passe en tête, devant tout le monde, y compris le psychologue.
“Pour parler de leurs problèmes, les jeunes se tournent d’abord vers leurs amis ou leurs parents. Pour ceux souffrant d’anxiété généralisée, les outils d’IA apparaissent d’ores et déjà comme l’interlocuteur avec lequel ils estiment qu’il est le plus facile de parler.”
AI, y es tu?
Les jeunes qui présentent des signes d’anxiété sévère recourent à des outils d’intelligence artificielle davantage que la moyenne, avec une intensité plus grande : plus de sujets abordés, plus de fréquence, plus d’attachement déclaré. Les jeunes déjà suivis par un psychologue ou un psychiatre figurent également parmi les utilisateurs les plus assidus de l’IA pour des raisons personnelles. Pour beaucoup, les deux coexistent sans se remplacer.
L’âge joue aussi un rôle. À mesure qu’on avance vers 19-25 ans, les réseaux de soutien humains deviennent plus difficiles d’accès. On parle moins facilement à ses parents à vingt ans qu’à quinze. Le cercle amical se resserre, se disperse, se complexifie. L’IA s’est installée dans cet espace.
AI, m’entends-tu?
Quand on demande aux jeunes pourquoi ils se confient à l’IA plutôt qu’à une personne, les réponses forment un portrait cohérent. Elle est toujours disponible. Elle ne juge pas. Et elle permet de dire des choses qu’on ne dit à personne d’autre.
C’est révélateur: il ne s’agit pas de sujets qu’on n’ose pas aborder en général, mais de contenus qui circulent exclusivement dans cet espace, qui n’existent dans aucune autre conversation. Des choses qu’on ne dit qu’à l’IA.
La disponibilité permanente structure cette dynamique de façon concrète. Contrairement à un ami ou à un parent, l’IA ne dort pas, n’est pas occupée, ne renvoie pas au lendemain. Pour un jeune qui traverse un moment difficile tard le soir, cette accessibilité immédiate est souvent la condition même de la parole.
“Si les jeunes Français utilisent l’IA pour avoir des conseils sur des sujets personnels, c’est certes pour se divertir mais également pour beaucoup en raison de sa disponibilité, du fait qu’elle ne juge pas et pour lui confier des choses que l’on ne dit à personne.”
IA, que fais-tu?
Parmi les jeunes qui ont confié des sujets personnels à l’IA, une majorité la considère comme un conseiller de vie ou un confident. Plus d’un sur deux la perçoit comme un ami. Près d’un sur deux y voit quelque chose qui ressemble à un psychologue.
Certains parlent d’une figure paternelle, d’un mentor, d’une personne extérieure à leur vie mais qui les comprend. Ces descriptions ne peuvent pas être comparées à celles d’un moteur de recherche ou d’un assistant de productivité. Les jeunes savent, dans leur grande majorité, que l’IA n’est pas une personne. Ils lui accordent pourtant une place émotionnelle réelle.
“En France, plus de 3 jeunes sur 5 qui utilisent l’IA pour lui raconter des problèmes personnels ou intimes la considèrent comme un conseiller de vie ou un confident. Ils sont aussi près d’1 sur 2 à voir dans l’IA un psy.”
J’arrive !
Ces mêmes jeunes qui partagent avec l’IA des choses qu’ils ne disent à personne d’autre sont aussi, en grande majorité, dans l’incapacité d’expliquer ce que devient ce qu’ils lui confient. Ils ont conscience qu’il existe des risques liés à la confidentialité. Mais très peu savent concrètement comment leurs données sont traitées, stockées, utilisées.
Les jeunes Allemands, Suédois et Irlandais présentent les mêmes niveaux d’anxiété, les mêmes usages intimes de l’IA, et les mêmes lacunes sur ce que devient ce qu’ils lui confient. Ce n’est pas un phénomène français.
Source : Ipsos bva / Groupe Vyv / CNIL, « L’impact des usages de l’IA sur la santé mentale des jeunes Européens », mars 2026.
NA: AI-assisted tools were used for transcription, reference formatting, and language editing. All intellectual content and conclusions remain solely the author’s.










